CP/CE2

=> Lire en amont l’article sur la gestion du double niveau.

Une classe de CP-CE2 présente une difficulté différente d’un double niveau composé de deux classes consécutives. Les élèves appartiennent au même cycle, mais l’écart entre les apprentissages est important.

En début de CP, les élèves construisent encore les premiers nombres, utilisent les doigts, les constellations, les collections et la bande numérique. Ils découvrent progressivement les symboles opératoires et apprennent à représenter une situation simple.

En CE2, ils travaillent déjà sur les nombres jusqu’à 10 000, les fractions, les tables de multiplication, les stratégies de calcul, les opérations posées, les problèmes à plusieurs étapes et la monnaie avec une écriture décimale.

Chercher à organiser constamment une séance commune conduirait donc à un compromis médiocre. Les CP seraient confrontés à des contenus trop abstraits, tandis que les CE2 seraient maintenus dans des activités insuffisamment exigeantes.

L’articulation pertinente consiste à synchroniser l’organisation des séances, puis à mutualiser seulement certains supports et certaines démarches.

Un avantage décisif : les deux méthodes possèdent la même architecture

organisation commune pour le CP et le CE2 en quatre séances hebdomadaires comprenant :

PhaseDurée prévue
Rituel10 minutes
Calcul mental15 minutes
Résolution de problèmes15 minutes
Apprentissage30 minutes

Cette organisation commune constitue le principal levier du double niveau. Les deux groupes peuvent travailler simultanément dans la même phase, sans nécessairement réaliser la même activité.

La période 1 du CP vise notamment la réactivation des savoirs de maternelle, les représentations des nombres jusqu’à 30, les premières décompositions, le sens de l’addition et de la soustraction, les problèmes additifs simples, les solides et les premiers tracés à la règle.

La période 1 du CE2 réactive les acquis du CE1 tout en introduisant les nombres supérieurs à 1 000, les fractions, les stratégies de calcul, les tables de multiplication, les opérations posées, les problèmes multiplicatifs, les mesures et des constructions géométriques plus élaborées.

La règle d’organisation peut donc se formuler ainsi :

Les deux niveaux suivent la même horloge, mais pas nécessairement la même séance.

Les 30 minutes d’apprentissage correspondent à 30 minutes d’activité mathématique pour chaque élève. MAIS ce temps d’apprentissage est systématiquement pensé en deux parties de 15 minutes: une partie « enseignante » et une partie « autonome ».

Regardez comment c’est organisé en CP/CE1 pour comprendre ce fonctionnement.

Trois formes de mutualisation

1. Le support et l’objectif sont proches

Certaines activités peuvent être conduites presque entièrement en commun, avec des exigences différentes.

Exemples :

  • reconnaissance des solides ;
  • assemblage de figures avec un tangram ;
  • utilisation d’une règle ;
  • comparaison de nombres avec le jeu du Comparator ;
  • description d’une démarche de résolution ;
  • distinction entre chiffre et nombre ;
  • réflexion sur les différentes manières de représenter un nombre.

La séance 24 fournit un exemple particulièrement clair. Les deux niveaux travaillent sur des assemblages de figures avec un tangram. Le support, le lancement et une partie de la verbalisation peuvent être communs. Les CP nomment les formes simples et utilisent un vocabulaire spatial. Les CE2 décrivent plus précisément les relations entre les figures et poursuivent avec des tracés complexes.

2. Le contexte est commun, mais les tâches sont différentes

Cette organisation convient particulièrement à la résolution de problèmes.

Le CP utilise le jeu du gobelet puis le jeu du car. Le CE2 travaille avec la tirelire puis le jeu du train. Dans les deux cas, les élèves cherchent un tout, une partie ou le résultat d’une transformation. Le guide CE2 précise d’ailleurs que le jeu du train reprend les principes du jeu du car avec un matériel plus abstrait.

L’enseignant peut donc présenter un contexte commun :

« Des personnes sont déjà dans un moyen de transport. À un arrêt, certaines montent. À un autre arrêt, certaines descendent. Nous cherchons combien de personnes sont présentes à l’arrivée. »

Les attentes sont ensuite différenciées.

CPCE2
Petites quantitésNombres à deux ou trois chiffres
Manipulation avec personnagesSchéma ou représentation en barres
Une transformationUne ou plusieurs transformations
Dénombrement ou surcomptageCalcul mental, calcul en ligne ou opération posée
Réponse orale ou dessinéeCalcul organisé et phrase réponse

Le contexte peut être commun sans que les valeurs numériques ni les procédures attendues le soient.

3. Les apprentissages doivent rester séparés

Une partie importante de la période ne doit pas être artificiellement mutualisée.

Les apprentissages suivants concernent spécifiquement le CE2 :

  • nombres supérieurs à 1 000 ;
  • valeur positionnelle jusqu’aux milliers ;
  • fractions et comparaison de fractions ;
  • tables de multiplication ;
  • doubles et moitiés de nombres plus grands ;
  • ajout de 8, 9, 18, 19, 28, 29, 38 ou 39 ;
  • addition et soustraction posées ;
  • problèmes multiplicatifs ;
  • écriture décimale des sommes d’argent ;
  • patron du cube ;
  • angles et constructions géométriques complexes.

Les apprentissages suivants demandent un enseignement spécifique au CP :

  • construction des premiers nombres ;
  • reconnaissance rapide des constellations ;
  • représentation avec les doigts ;
  • premières décompositions ;
  • passage des collections à l’écriture chiffrée ;
  • découverte des symboles « + », « − » et « = » ;
  • apprentissage initial du fonctionnement des mini-fichiers ;
  • procédures de dénombrement ;
  • compréhension du déplacement sur une piste.

Un titre commun peut masquer des objectifs très différents. « Représenter un nombre » signifie représenter 4 par quatre doigts, quatre points ou quatre objets au CP. Au CE2, cela peut signifier représenter 1 153 avec des milliers, des centaines, des dizaines et des unités, puis le décomposer et l’écrire en lettres. Le lancement général peut être commun, mais le travail mathématique ne l’est pas.

Une organisation quotidienne en deux blocs

Un bloc continu de 70 minutes est possible, mais il peut devenir long pour les CP et difficile à gérer. Une organisation en deux temps est souvent plus efficace.

Premier bloc : 40 minutes

DuréePhase
10 minRituels simultanés
15 minCalcul mental simultané
15 minRésolution de problèmes commune ou parallèle

Second bloc : 30 minutes

DuréeOrganisation
8 à 10 minLancement de l’apprentissage CP, pendant une tâche connue des CE2
10 à 12 minEnseignement auprès des CE2, pendant l’application des CP
8 à 10 minObservation, régulation, validation et synthèse

Les deux blocs peuvent être séparés par la récréation, une séance de français ou une autre activité. Le contenu reste inchangé. Seule la répartition temporelle est adaptée.

Cette séparation présente trois avantages :

  1. la charge attentionnelle des CP est réduite ;
  2. le matériel peut être préparé entre les deux temps ;
  3. l’enseignant peut réserver une véritable phase d’enseignement explicite à chaque niveau.

Conduire les rituels en parallèle

Les rituels ne nécessitent pas tous une animation continue de dix minutes.

Une procédure efficace consiste à installer les CE2 sur une tâche écrite à l’ardoise pendant que l’enseignant mène les premières minutes du rituel CP.

Par exemple :

  1. le rituel CE2 est affiché ou posé sur la table ;
  2. les CE2 commencent silencieusement ;
  3. l’enseignant travaille oralement avec les CP pendant six ou sept minutes ;
  4. les CP terminent par une répétition, une copie courte ou une activité connue ;
  5. l’enseignant corrige et institutionnalise le rituel CE2.

Les deux groupes travaillent pendant dix minutes, mais l’attention de l’enseignant se déplace.

Cette organisation convient aux tâches suivantes :

  • nombre précédent ou suivant ;
  • suite à compléter ;
  • nombre à écrire ;
  • comparaison à effectuer ;
  • fraction à représenter ;
  • nombre à montrer avec les doigts ;
  • collection à dénombrer ;
  • repérage sur une bande ou une droite numérique.

Il faut éviter de projeter alternativement les deux diaporamas toutes les deux minutes. Cette organisation produit des temps morts et surcharge l’enseignant. Deux zones permanentes au tableau sont plus efficaces :

Zone CPZone CE2
Consigne illustréeConsigne écrite
Bande numériqueDroite graduée ou tableau de numération
Matériel nécessaireRéférence au cahier ou au mini-fichier
Activité après réussiteActivité après réussite

Organiser le calcul mental

Le calcul mental doit le plus souvent rester différencié.

En première semaine, les CP construisent et dénombrent de petites collections. Les CE2 travaillent les doubles, les moitiés et les premières stratégies de décomposition. Les objectifs ne sont pas interchangeables.

Un fonctionnement en alternance est préférable :

Pendant six à huit minutes

L’enseignant conduit le calcul mental CP :

  • Lucky Luke ;
  • doigts ;
  • Numicons ;
  • constellations ;
  • ajout ou retrait de 1 ;
  • dénombrement rapide.

Les CE2 réalisent pendant ce temps :

  • une série courte de calculs déjà enseignés ;
  • une révision des tables ;
  • un exercice connu de Calculus ;
  • une recherche sur l’ardoise ;
  • une correction différée d’une série précédente.

Pendant les minutes suivantes

L’enseignant reprend avec les CE2 :

  • explicitation d’une stratégie ;
  • correction des doubles ou des moitiés ;
  • ajout de dizaines ou de centaines ;
  • stratégie pour ajouter 9, 19 ou 29 ;
  • verbalisation d’une procédure.

Les CP réinvestissent alors la tâche qu’ils viennent de réaliser :

  • reproduction d’une quantité ;
  • courte série sur ardoise ;
  • manipulation en binômes ;
  • entraînement avec un matériel déjà connu.

Un temps de calcul mental ne doit pas devenir un simple temps de fiches pour les CE2. Les stratégies nouvelles demandent une modélisation et une verbalisation. À l’inverse, les CP ne doivent pas assister passivement à une correction portant sur des nombres qu’ils ne comprennent pas encore.

La résolution de problèmes constitue le meilleur espace commun

La résolution de problèmes offre davantage de possibilités de mutualisation que le calcul mental.

Le gobelet et la tirelire

Le principe est identique : une quantité est placée dans un contenant opaque, puis transformée.

  • Les CP travaillent avec des jetons et de petites quantités.
  • Les CE2 utilisent des billets de 10 €, 20 €, 100 € ou 200 € et mobilisent les dizaines ou les centaines.

Lors de la première séance, le CP recherche par exemple le total après avoir placé trois jetons puis ajouté deux jetons. Le CE2 peut rechercher le montant obtenu avec plusieurs billets de 10 € ou de 20 €. La structure « parties-tout » est commune, mais le calcul change de niveau.

Une mise en œuvre possible :

  1. présentation commune du contenant ;
  2. rappel commun de la règle d’écoute ;
  3. situation CP ;
  4. recherche rapide des CP, pendant que les CE2 observent la structure ;
  5. situation CE2 ;
  6. recherche des CE2, pendant que les CP représentent leur situation ;
  7. synthèse commune sur ce qui a été ajouté et sur la recherche du total.

Les CE2 ne doivent pas résoudre à la place des CP. Ils peuvent observer, mais la parole est d’abord donnée au niveau concerné.

Le car et le train

La progression permet une différenciation naturelle :

ÉlémentCPCE2
SupportCar avec personnagesTrain ou schéma
Champ numériquePetits nombresDizaines, centaines
Nombre d’étapesUne, puis deuxUne ou plusieurs
ReprésentationManipulation ou dessinSchéma et calcul
Procédure attendueDénombrement, doigts, surcomptageCalcul en ligne, décomposition, opération posée

L’enseignant peut conserver les deux supports afin de respecter la progression prévue. Il n’est pas nécessaire de remplacer le car par le train ni l’inverse.

Les stratégies de résolution

Lorsque les CP découvrent la stratégie P1 et que les CE2 utilisent P1 ou P2, le vocabulaire général peut être commun :

  1. comprendre la situation ;
  2. représenter ;
  3. calculer ;
  4. répondre.

Les exemples, le degré d’autonomie et les calculs restent différenciés. Le CE2 travaille progressivement des problèmes multiplicatifs, de comparaison et à plusieurs étapes, alors que le CP consolide les problèmes additifs élémentaires.

Organiser les 30 minutes d’apprentissage

Cette phase demande la préparation la plus précise.

La règle centrale est la suivante :

Le niveau qui travaille sans l’enseignant doit avoir déjà découvert la tâche, le support et la règle.

Aucun jeu nouveau, mini-fichier inconnu ou consigne complexe ne doit être introduit en autonomie.

Exemple de rotation

TempsCPCE2Enseignant
0 à 8 minDécouverte guidéeRévision connueAvec les CP
8 à 20 minApplicationDécouverte ou enseignement guidéAvec les CE2
20 à 27 minPoursuite ou remédiationApplicationAvec le groupe prioritaire
27 à 30 minBilanBilanValidation et synthèse

La priorité peut être inversée lorsque la notion nouvelle se situe au CE2, par exemple :

  • découverte des fractions ;
  • construction des nombres après 1 000 ;
  • stratégie de calcul C1 ou C2 ;
  • addition ou soustraction posée ;
  • comparaison de fractions ;
  • problème à plusieurs étapes.

Dans ces séances, les CP commencent par une activité entièrement connue. L’enseignant peut consacrer quinze minutes continues aux CE2, puis revenir vers les CP.

À l’inverse, le CP devient prioritaire lors de la découverte :

  • d’un nouveau jeu ;
  • d’un mini-fichier ;
  • de la bande numérique ;
  • des premières décompositions ;
  • du sens d’un symbole ;
  • d’un nouveau mode de représentation.

Des points de convergence déjà présents dans la période

Les progressions comportent plusieurs rapprochements exploitables.

Séance 1 : représenter des nombres

Les deux niveaux réfléchissent aux mathématiques et aux représentations des nombres.

Le lancement peut être commun :

« Un nombre peut-il être représenté d’une seule façon ? »

Les CP produisent des représentations de 3, 4 ou 5 avec les doigts, les dés, les cartes et des collections. Les CE2 utilisent le matériel de numération, la décomposition et l’écriture en lettres.

Séance 8 : les solides

Les deux niveaux travaillent les solides au cours de la même séance.

Une première phase commune peut porter sur :

  • manipulation ;
  • classement ;
  • dénomination ;
  • distinction entre objet courant et solide géométrique.

Les CP identifient principalement le cube, le pavé, la boule et le cylindre, puis observent les faces. Les CE2 mobilisent en plus les termes « face », « arête » et « sommet » et poursuivent avec des exercices de tracé.

Séance 12 : règle, segments et longueurs

Le CP travaille le tracé avec la règle. Le CE2 mesure et trace des segments de longueur donnée.

Le rappel sur l’usage de la règle peut être commun :

  • position des doigts ;
  • stabilité de la règle ;
  • crayon taillé ;
  • départ au zéro pour mesurer ;
  • trait continu ;
  • exigence de précision.

La suite doit être différenciée.

Séance 22 : le Comparator

Le jeu est conçu pour être utilisé du CP au CE2. Les règles peuvent être présentées collectivement. Les cartes-nombres et les attentes doivent varier selon le niveau.

  • CP : nombres correspondant au champ étudié, appui possible sur la bande numérique.
  • CE2 : nombres à trois ou quatre chiffres, comparaison et rangement, éventuellement calcul d’écarts.

Le guide prévoit un fonctionnement autonome par groupes de trois ou quatre après présentation.

Séance 24 : assembler des figures

Le rituel sur le tangram est presque identique dans les deux progressions. Il peut être conduit en classe entière.

Les attentes sont ensuite différenciées :

  • CP : reconnaitre et nommer carré, triangle, rectangle, côté et sommet ;
  • CE2 : utiliser un vocabulaire plus précis, analyser les assemblages et reproduire des figures complexes.

Construire une autonomie réelle au CP

L’autonomie du CP ne repose pas sur la lecture d’une longue consigne. Elle repose sur la reconnaissance d’un format déjà appris.

Une activité autonome est adaptée lorsqu’elle présente :

  • une consigne déjà rencontrée ;
  • un exemple visible ;
  • un matériel préparé ;
  • une seule action principale ;
  • une validation possible ;
  • une activité prévue en cas de réussite rapide.

Supports envisageables après présentation :

  • jeu des coccinelles ;
  • bataille des dés ;
  • Comparator ;
  • exercices connus du Livre des nombres ;
  • premières pages de Calculus ;
  • motifs ;
  • reproduction avec le tangram ;
  • décompositions avec cubes ou jetons ;
  • travail court sur ardoise.

Une activité ne devient pas autonome parce qu’elle est simple pour l’adulte. Elle devient autonome lorsque les élèves ont appris à la réaliser sans sollicitation permanente.

Ne pas transformer les CE2 en niveau autonome permanent

Le principal risque d’une classe de CP-CE2 consiste à réserver presque tout le temps de l’enseignant aux CP et à donner aux CE2 une succession de fichiers.

Cette organisation échoue rapidement. Les CE2 ont besoin d’un enseignement direct pour :

  • comprendre la construction des nombres après 1 000 ;
  • construire le sens des fractions ;
  • apprendre une stratégie de calcul ;
  • analyser une erreur dans une opération posée ;
  • distinguer les différentes structures de problèmes ;
  • apprendre à comparer des fractions ;
  • comprendre l’écriture décimale de la monnaie ;
  • construire un patron de cube.

Le guide CE2 prévoit de nombreux temps d’entraînement autonome dans Numerus, Calculus, Problemus et Les géomètres. Il précise toutefois que ces supports sont d’abord présentés collectivement avant que les élèves avancent à leur rythme.

L’autonomie du CE2 sert donc à libérer temporairement l’enseignant. Elle ne remplace pas l’enseignement.

Une banque d’activités autonomes par niveau

CPCE2
Jeu des coccinelles déjà présentéNumerus après explicitation
Bataille des désCalculus sur une stratégie déjà enseignée
Comparator avec nombres adaptésLes géomètres
Livre des nombresBataille des cartes
Tangram ou motifs connusComparator
Décompositions avec matérielPiste du gorille
Reproduction d’une quantitéRévision des tables en binômes
Calculus après présentationProblemus après modélisation de la stratégie

Problemus demande une vigilance particulière. La tâche ne doit pas être placée en autonomie lorsque la structure du problème ou la stratégie est nouvelle. La lecture, la compréhension et la représentation nécessitent alors la présence de l’enseignant.

Gérer les corrections

Les deux guides prévoient fréquemment des corrections individuelles. Dans un double niveau, les corriger immédiatement et intégralement pour chaque élève est impossible.

Une organisation en trois niveaux permet de conserver la fonction pédagogique de la correction.

1.Correction collective immédiate

Elle convient aux :

  • rituels ;
  • séries de calcul mental ;
  • premières situations d’un problème ;
  • procédures nouvelles ;
  • synthèses de vocabulaire.

2.Validation rapide pendant la séance

L’enseignant contrôle :

  • une représentation ;
  • le premier exercice d’une série ;
  • la procédure utilisée ;
  • un tracé ;
  • la première opération posée.

Une validation de la procédure permet ensuite à l’élève de poursuivre.

3.Correction individuelle différée

Elle concerne :

  • mini-fichiers ;
  • séries d’entraînement ;
  • exercices de consolidation ;
  • productions longues.

L’enseignant peut corriger un nombre limité de mini-fichiers à chaque séance, puis reprendre les erreurs essentielles lors du rituel suivant ou d’un temps de remédiation.

La correction entre pairs convient aux jeux déjà maîtrisés. Elle ne doit pas remplacer l’analyse de l’enseignant lorsqu’une notion est nouvelle.

Préparer l’espace et le matériel

La fluidité dépend d’une organisation stable.

La classe peut comporter :

  • une zone de tableau CP ;
  • une zone de tableau CE2 ;
  • une couleur de rangement par niveau ;
  • une caisse de séance CP ;
  • une caisse de séance CE2 ;
  • une zone commune pour le matériel partagé ;
  • un pictogramme indiquant avec quel groupe travaille l’enseignant ;
  • une carte « Quand j’ai terminé » pour chaque niveau.

Le matériel du jeu du car, du train, des tangrams, des fractions ou de la monnaie doit être préparé en pochettes complètes. Le guide CP signale explicitement que la distribution mal anticipée du jeu du car peut faire perdre un temps important.

Un seul vidéoprojecteur impose également une anticipation. Plusieurs solutions sont possibles :

  • imprimer les diapositives essentielles pour le niveau autonome ;
  • afficher une consigne sur le tableau et projeter l’autre ;
  • préparer une capture des séries de calcul ;
  • distribuer une version papier plastifiée ;
  • limiter les changements d’affichage pendant une phase.

Exemple d’organisation de la première semaine

SéanceTemps potentiellement communTemps séparés
1Représentations des mathématiques, différentes représentations d’un nombre, structure parties-toutLucky Luke au CP, doubles au CE2, gobelet et tirelire avec valeurs différentes
2Suite des nombres, dénombrement de collections organiséesJeu des coccinelles au CP, construction des nombres en centaines-dizaines-unités au CE2
3Contexte du transport, représentation d’une transformationDécompositions des premiers nombres au CP, moitiés, comparaison et tables au CE2
4Vocabulaire géométrique et verbalisation des procéduresRepérage spatial et motifs au CP, addition et tracés géométriques au CE2

Cette première semaine ne doit pas être entièrement fusionnée. Elle doit surtout installer les routines :

  • comment commencer sans attendre l’enseignant ;
  • comment prendre et ranger le matériel ;
  • comment demander de l’aide ;
  • comment valider une tâche ;
  • comment poursuivre lorsqu’on a terminé ;
  • comment respecter le temps d’enseignement de l’autre niveau.

Les erreurs à éviter

Additionner les deux durées

Deux séances de 70 minutes ne donnent pas une séance de 140 minutes. Les phases se déroulent simultanément, avec une alternance de l’attention de l’enseignant.

Construire un niveau intermédiaire

Une activité commune située entre le CP et le CE2 ne répond correctement aux besoins d’aucun groupe.

Faire participer les CP à tous les rituels CE2

Une suite jusqu’à 10 000 ou une comparaison de fractions ne constitue pas une exposition utile pour un élève qui construit encore les nombres jusqu’à 30.

Faire refaire aux CE2 le travail du CP

Une réactivation peut être pertinente. Une simplification permanente ne l’est pas.

Présenter un jeu nouveau au groupe autonome

Le temps gagné au départ sera perdu en interruptions, erreurs de règle et conflits de matériel.

Modifier l’ordre des séances uniquement pour créer du commun

Quelques déplacements à l’intérieur d’une semaine restent possibles lorsque les prérequis sont respectés. Déplacer massivement les activités pour faire coïncider les deux niveaux fragilise les progressions.

Confondre autonomie et absence d’enseignement

Les mini-fichiers sont des outils d’entraînement. Ils ne remplacent ni la modélisation, ni la verbalisation, ni l’institutionnalisation.

Une ligne directrice pour toute la période

L’organisation d’un CP-CE2 ne doit pas chercher une séance unique. Elle doit construire deux parcours menés dans un cadre temporel commun.

Le rituel, le calcul mental, la résolution de problèmes et l’apprentissage ont lieu au même moment. L’enseignant alterne ses interventions. Les contextes sont mutualisés lorsque leur structure mathématique le permet. Les valeurs numériques, les représentations, les procédures et les traces restent adaptées à chaque niveau.

Les convergences réelles doivent être exploitées, notamment les solides, la règle, le Comparator, le tangram et certaines structures de problèmes. Les écarts conceptuels doivent être assumés, particulièrement pour les fractions, les grands nombres, les opérations posées et les stratégies de calcul du CE2.

Une articulation réussie repose sur quatre principes :

  1. synchroniser les phases plutôt que fusionner toutes les activités ;
  2. enseigner l’autonomie avant de l’exiger ;
  3. préserver un temps d’enseignement explicite pour chaque niveau ;
  4. mutualiser les démarches et les supports sans réduire les exigences propres au CP ou au CE2.

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